La Toscane a été photographiée tant de fois qu’il est facile d’y arriver en sachant déjà à quoi s’attendre. La route des cyprès, la vigne du Chianti, les trois mêmes villages en trois mêmes après-midi. Tout cela est réel. Rien de tout cela n’est la région entière.
La Toscane qui reste en vous est d’ordinaire plus petite. Volterra, où l’albâtre est encore tourné à la main en objets qui retiennent la lumière. Un marché de semaine dans un village qu’aucun guide ne classe, où ce sont les légumes qui décident de ce qui se cuisine. Une cour de Florence où le cuir se coupe comme il y a un siècle, à quelques rues d’une file d’attente où personne, dans l’atelier, ne patiente.
Le voyage lent ici n’est pas une version plus longue du même voyage. C’est un autre voyage. Vous échangez la liste contre une table, le point de vue contre une conversation, le souvenir contre la personne qui l’a fait. Vous allez là où la foule s’éclaircit, et vous laissez la journée donner le rythme.
La façon la plus simple de trouver cette Toscane est de suivre les artisans, pas la carte. Réservez une matinée dans une vraie cuisine, passez un après-midi dans un atelier, achetez la chose qui porte un nom. La Toscane évidente sera toujours là. Celle-ci, il faut la choisir.



